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GHOSTERS -LA MAISON PLOUGASOIT

Résumé du livre

Mathilda et Jacinthe, meilleures amies d’enfance, emménagent en colocation dans une ravissante maison bretonne. Seulement voilà, le fantôme de Yann, l’ancien propriétaire, hante encore les lieux.

Que s’est-il passé plus de vingt ans auparavant ?

Crime ou suicide ? Les indices se contredisent.

Les phénomènes paranormaux deviennent trop pesants, et les deux amies décident de mener l’enquête pour retrouver la tranquillité.

Divination, flashs, apparitions fantomatiques… Et si on leur avait toujours caché la nature mystique qui sommeille en elles ? Et si elles n’étaient pas arrivées dans le village de Plougasoit par hasard ?

Ce que j’en ai pensé

Je remercie chaleureusement Aurore Sullivan de m’avoir offert l’opportunité d’explorer son univers avec Ghosters : La maison Plougasoit. Les récits de maisons hantées ont ceci de particulier qu’ils exigent plus qu’un simple décor : ils réclament une atmosphère, une tension souterraine, un sens du dosage… et surtout une intelligence du non-dit. Ayant moi-même, par le passé, frôlé malgré moi certaines zones troubles où l’invisible semble parfois se manifester, je suis d’autant plus attentive à la manière dont le paranormal est traité en littérature. Ici, je peux le dire d’emblée : je n’ai pas été déçue.

 

Aurore Sullivan possède une plume fluide, vive, et suffisamment sûre d’elle pour entraîner le lecteur dès les premières pages. Oui, certains passages gagneraient ponctuellement à être densifiés — ne serait-ce que par une précision sensorielle supplémentaire, ou une mise en tension plus progressive de certaines scènes — mais l’essentiel est là : un vrai talent narratif, et surtout une capacité rare à construire un malaise sans surenchère.

 

Le récit nous immerge dans le quotidien de deux amies colocataires, que tout oppose, et c’est justement cette opposition qui donne du relief à l’intrigue.

 

Matilda est une tempête : tempérament de feu, réparties acerbes, râleries quasi permanentes… parfois au bord de l’insupportable, oui. Mais c’est aussi ce qui la rend intéressante : elle n’est pas l’héroïne lisse et docile que l’on croise trop souvent. Elle vit, elle déborde, elle agace… donc elle existe.

 

Jacinthe, à l’inverse, est la douceur incarnée : attachante, empathique, presque lumineuse. Son seul défaut — si l’on peut appeler cela ainsi — est cette propension à s’effacer devant l’explosivité de Matilda. Et c’est précisément un des enjeux implicites du roman : jusqu’où peut-on se taire pour préserver la paix ? Quand doit-on, enfin, se choisir soi-même ?

 

Cette dynamique relationnelle, loin d’être un simple décor, devient un levier de suspense. Car lorsque l’étrange s’installe, il révèle aussi les failles, les rapports de force, les non-dits.

 

La cohabitation aurait pu se dérouler “dans le meilleur des mondes”, mais l’illusion se fissure rapidement : des phénomènes troublants surviennent, et la maison semble posséder sa propre respiration. La question s’impose alors, presque naturellement : la demeure est-elle hantée ? Et si oui… par qui ? Et surtout : pourquoi maintenant ?

 

Le fantôme présumé porte un nom : Yann, l’ancien propriétaire. Il est mort dans cette maison, et visiblement, il n’a pas “quitté les lieux”. Le roman évite heureusement la facilité du paranormal spectaculaire. Ici, rien n’est gratuit : l’invisible a une logique, une intention, une mémoire.

 

Et très vite, un doute plus sombre surgit, comme une lame sous la surface : suicide… ou meurtre ?

 

C’est là que l’histoire prend une dimension délicieusement addictive : l’enquête ne concerne pas seulement un décès, mais une vérité enterrée, une histoire qui refuse de se taire.

 

Nous suivons donc l’enquête des deux amies, mais aussi — et c’est l’un des points forts du roman — leur confrontation progressive à quelque chose qui les dépasse : la médiumnité, la sensibilité au subtil, et tout ce que cela implique au quotidien.

 

Le récit suggère avec finesse que si Matilda et Jacinthe sont “choisies” pour entrer en contact avec Yann, ce n’est pas un hasard. Ce lien a un sens, une racine, une nécessité. Et l’auteure ouvre une question passionnante : que se passe-t-il lorsque l’on comprend que l’on n’est pas seulement spectateur… mais partie prenante de ce qui se joue ?

 

À mesure que le fil se déroule, l’histoire devient alors double :

 

une enquête (que s’est-il passé ? que veut Yann ?) et  un cheminement intérieur (qui sont-elles, spirituellement parlant ? que doivent-elles comprendre, accepter, affronter ?)

 

Le paranormal n’est jamais tape-à-l’œil. Il s’insinue. Il dérange. Il s’installe par petites touches dans l’esprit du lecteur. On doute en même temps que les personnages, on oscille entre rationalité et pressentiment, et ce flou savamment entretenu rend le texte terriblement efficace. On n’est pas dans un thriller qui cherche à “faire du bruit”, mais dans un roman qui travaille l’inconscient.

 

L’écriture reste sobre et fonctionnelle, sans fioritures inutiles : elle sert l’ambiance au lieu de la parasiter. Chaque détail devient un indice, chaque silence pèse, chaque scène laisse derrière elle une impression… parfois persistante, comme une présence que l’on n’arrive pas tout à fait à oublier.

 

Et c’est précisément cela, une maison hantée réussie : non pas ce que l’on voit… mais ce que l’on ressent.

 

Remarques de forme (édition/maquette) : à corriger pour un confort optimal

 

Je n’ai que quelques remarques à formuler, non pas sur le fond — solide — mais sur la présentation du fichier que j’ai lu (au format PDF). Ces éléments n’enlèvent rien à la qualité littéraire, mais méritent d’être corrigés pour le confort visuel des futurs lecteurs :

 

Titre décentré et visiblement “à cheval” sur deux pages : c’est la première impression, donc la première chose à soigner.

 

Dédicace et copyright sur la même page : la dédicace gagnerait à être isolée, pour respirer, et pour respecter le rituel d’ouverture d’un roman.

 

Coupures de mots répétées : elles finissent par gêner la fluidité de lecture, surtout sur un texte long (près de 300 pages).

 

Dialogues parfois insuffisamment séparés : une mise en page plus nette renforcerait la lisibilité (et donc l’immersion).

 

Paragraphes trop massifs à certains endroits : scinder, aérer, créer des respirations.

 

Texte non justifié : sur un roman, la justification apporte immédiatement une impression de finition professionnelle.

 

Ces points relèvent davantage d’un problème de conversion/mise en page (PDF/Epub/Calibre ou autre) que d’un défaut d’écriture. Et ils peuvent être corrigés assez rapidement — ce qui rend d’autant plus dommage de les laisser en l’état.

 

Conclusion : un coup d’essai qui a des allures de coup de maître

 

Ghosters : La maison Plougasoit est, pour moi, un vrai coup de cœur dans le registre thriller/polar paranormal. Parce qu’il y a l’ambiance, l’idée, l’enquête, et cette manière intelligente de laisser l’ombre travailler la psyché du lecteur au lieu de lui jeter des effets spéciaux au visage.

 

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître, et je recommande ce roman à tous les amateurs de : maisons hantées, enquêtes troubles, paranormal subtil et récits où le plus terrifiant n’est pas ce qu’on “voit”… mais ce qu’on devine

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